Avec ce premier opus sorti chez Volvox Music (Exsonvaldes, Kill the young, les belges de Mintzkov pour ne citer qu’eux), label particulièrement productif malgré son jeune âge, les Champenois de HucK se lancent à la conquête du public francophone et anglophile. Bénéficiant de l’essor récent de la scène rock rémoise (The Bewitched Hands, The Shoes … etc), le quatuor livre un disque cohérent, bien que mêlant des ambiances assez diverses, reflétant les nombreuses influences du groupe.
La production d’Antoine Coinde (Izia, No one is innocent … etc) met particulièrement en valeur la voix de Grégory Blanchon, et le son de guitare de Seb Graville qui rappelle, au fil des morceaux, souvent The Libertines ou Bloc Party sur les refrains particulièrement (Mauvaise Came, La Déglingue), ou parfois le rock américain des 90’s (Edouard, La Foudre). La touche électro voulue par le groupe, présente sous la forme d’arrangements discrets sur le disque (comme, par exemple, sur le beat d’Impossible), est mise en avant sur scène via l’utilisation de samplers et autres claviers analogiques.
Dès les premières secondes du disque, HucK plante le décor d’un rock direct et intuitif, au service de textes travaillés, à la fois imagés et organiques, rappelant l’écriture de Miossec en de nombreuses occasions, y compris musicalement (Plutôt que). Les refrains sont efficaces, alliant gimmicks textuels et accords de guitare puissants (Ne cache pas ta joie), et contrastent avec des couplets plus calmes, où le texte est développé en alternance avec des riffs de guitare se voulant addictifs. La présence de solos, aux teintes bluesy, rappelle les origines rock « old school » du groupe. Au fil des titres, Huck développe des ambiances plus variées, parfois obscures et légèrement dissonantes (La Foudre, Edouard), parfois plus émotionnelles et introspectives comme sur A Jamais dont l’envolée finale, prenant racine dans une superbe mélodie de guitare, rappelle les premiers albums de Radiohead.
Huck parle de sexe et de sueur, des riches, de leurs enfants, d’insomnie, crache son venin soufré avant de toucher le fond et perdre connaissance. Huck gratte, casse et finalement recolle. La route qu’ils ont empruntée a été foulée par beaucoup de très bons groupes par le passé, en Angleterre ou aux Etats-Unis bien sûr, mais également en France (Luke) et cet album laisse donc présager de belles choses à venir. Si la chance et le travail sont au rendez-vous, Huck a les moyens et l’ambition pour rivaliser avec leurs (excellentes) références. C’est tout le bonheur qu’on leur souhaite !
M.S.





